Novembre 2007

By gbayle

novembre 2007

Me voici en Ethiopie depuis plus d’un mois et enfin une bonne âme me convie à une partie de masticage de khat (prononcé tchat en amharique).

C’était samedi après-midi, après avoir d’ailleurs déjeuner dans une keutfo bet (bet = maison), c’est à dire un resto qui ne fait que de la viande crue en genre de tartare qui baigne dans du beurre éthiopien. Une fois le trop-plein de beurre retiré, ce plat est délicieux. Les estomacs sensibles peuvent le demander mi-cuit ou à point, ce que je faisais au début.

Bref, après ce déjeuner typique, je suis allée avec un prof franco-libanais qui enseigne dans l’école de langue où je travaille à mi-temps, pour « khater » chez un couple d’allemands post-soixante-huitards.

Le khat, donc, est un ensemble de tiges marrons sur lesquelles se trouvent des toutes petites feuilles vertes (plus elles sont petites, plus le khat est de qualité). Il suffit de retirer toutes les feuilles de la branche et de les mâcher.

On a vite l’impression d’être un ruminant sorti de quelques pâturages. Le goût est tout d’abord très amer alors pour atténuer ça on mange des cacahouètes et on boit eau, coca, jus… Le khat ne s’avale pas, tout est dans le fait de mastiquer puis de coincer le genre de pâte qui se forme entre la gencive et la joue. Il ne faut surtout pas stocker cela dans ses deux bajoues parce que sinon ça devient franchement le bordel. Et pour cause, allez parler, boire, etc, avec les deux joues pleines…

Il existe quatorze sortes de khat, de couleur et d’effet différent. Celui que nous avions avait un effet doux et progressif. Le khat, contrairement à la marijuana à un effet excitant et provoque un genre de douce euphorie. Quatre heures pendant lesquelles on a bien rigolé et parlé de tout et de rien, des boulots des uns et des autres, des expériences de chacun en Afrique et ailleurs, bref un après-midi de détente qui m’a fait oublié le chaos d’Addis.

Le seul inconvénient est que cet effet excitant, bien que presque indétectable, persiste longtemps et je n’ai donc presque pas dormis cette nuit-là. Les gens qui khatent beaucoup vont boire un verre après pour que l’effet de l’alcool contrebalance celui du khat. On est bien loin du cliché métro-boulot-dodo.

Bon, à part me droguer, et je précise que je n’ai fais cela que pour m’immerger totalement dans la culture éthiopienne, je ne crois pas encore avoir mentionné qu’Addis se situe à 2400 m d’altitude ; et oui, je vis à la montagne ! Montagnes qui s’élèvent d’ailleurs tout autour de la ville.

On voit aussi pléthore de grands aigles et d’eucalyptus (ces arbres, importés par un australien, ont convaincu Ménélik de faire d’Addis la capitale du pays). Et d’ailleurs, Addis Ababa signifie ‘nouvelle fleur’, en rapport avec une fleur jaune qui fleurie au début de l’année.

Je commence à perdre un peu mes repères car être en débardeur un 11 novembre (joyeux anniversaire J&P !) n’est pas trop dans mes habitudes. Bien sûr, sachez, vous qui frissonnez, que je ne me plains pas du tout. C’est juste que je n’aurais pas droit au froid piquant et aux illuminations de Noël…

Et aussi, un truc qui me choque, mais il semble que je sois la seule : Le calendrier en vigueur ici se compose de 12 mois de 30 jours et d’un 13ème mois de 5 jours. Vous imaginez, pour ceux qui comme moi reportent à demain ce qu’ils pourraient faire aujourd’hui (bref les procrastinateurs), quand par exemple vous prenez une semaine (donc sept jours) à faire votre machine, eh ben le 13ème mois vous devez vous dire : « Oh mon Dieu, ça fait plus d’un mois que je dois faire ma machine. » Quel gouffre temporel !

Enfin, j’ai pensé que vous devriez savoir que le master que je fais dure en fait deux ans, un an de cours et un an de thèse, ce qui pour vous se traduit par deux fois plus de chances de venir me rendre visite, petits veinards!!! Aller, à la prochaine, et bonne chance aux petits étudiants français…

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