Quelle ne fut pas ma joie en apprenant que mais non, « ça n’a rien à voir avec le déluge, c’est juste la petit saison des pluies » !!! Mais c’est bien sûr !
Entendons-nous bien : la petite saison des pluies se caractérise par le fait qu’il ne pleut qu’à 17h précise (la pluie est la seule chose ponctuelle dans ce pays).
A part ça, c’est exactement comme la grande saison des pluies, celle où il pleut littéralement 24h sur 24 et qui dure de juin à septembre. Et bien évidemment, ici, quand il pleut, il pleut.
Peut être est-ce amplifié par le fait que les toits en tôle décuplent le bruit de l’eau, mais je crois que ça a aussi à voir avec le ciel blanc et lourd, les éclairs incessants et les gouttes qui font mal tant elles sont grosses. Tous les soirs comme ça, de 17 à 19h.
Bon il fallait bien que je sorte voir ça, moi, avec mes tongs et mon débardeur, les rivières, les torrents, qui emportent toutes les fleurs de mon bougainvillier rouge foncé…
Sinon, j’ai même pas peur, mon cœur a juste eu un raté quand le coup de tonnerre a frappé au dessus de la maison et l’a légèrement remuée ; bon après tout, je ne suis qu’à 2450 mètres d’altitude, sur une des collines qui surplombent la ville, no problemo…
Alors je ne suis pas sûre de ce à quoi ressemble le bayou de Louisiane, mais je crois quand même que ma maison pourrait bien se fondre dans ce genre de décor, avec le haut vent en tôle et le fauteuil en bambou… Bref, vous l’avez compris, je suis un peu démunie devant ce climat ‘Addis-sois’.
Mais où est passée l’Afrique chaude, humide et irrespirable et surtout, où vais-je trouver des bottes en caoutchouc ?
A part la mousson, vers la fin du mois de janvier, a eu lieu l’épiphanie.
C’est un peu logique puisque ici, on ne se lasse pas de courir après le reste du monde. Donc, à cette occasion, j’ai pu m’apercevoir que j’habitais dans un quartier très spécial, près de l’hippodrome, là où ont lieu la plupart des grandes commémorations. Ceci explique pourquoi il m’a fallut 1H30 pour faire 1km. Heureusement d’ailleurs que les éthiopiens sont des gens calmes qui ne s’effraient pas pour quelques milliers de personnes car sinon, on aurait tous pu finir carpette.
Ils dansaient, ils riaient et chantaient, franchement j’ai beaucoup regretté de ne pas avoir d’appareil photo avec moi….
La fête avait donc lieu toute la journée de samedi, celle de dimanche, et pour les retardataires, ou ceux qui aiment faire durer le plaisir, c’était aussi lundi. Ca a bien sûr compliqué la vie de ceux qui, comme moi, voulaient faire semblant de bosser puisque tout le système de minibus s’en est trouvé paralysé…
D’ailleurs je me suis rendue compte que la foi touche aussi les plus jeunes, puisque les écoliers, quand ils pensent devant une église, se signent de la même façon que les adultes. Les prêtres ici n’ont donc pas à redouter la désertion des églises.
Enfin, il y a un mois, toujours à cause de mes soucis de visa, je suis partie à Djibouti pour cinq jours de vacances. Djibouti est un pays lunaire peuplé de 800 000 Autochtones, 3 000 militaires Français, 12 militaires Allemands et x militaires Américains (ils n’ont pas le droit de dire combien ils sont, terrorism oblige).
J’y ai passé de superbes vacances, plage, soleil, poissons tropicaux dans l’eau et poissons à tous les repas dans mon assiette.
Cependant, il faut que je parle de la particularité djiboutienne quotidienne : l’arrivée du khat à Djibouti-ville. (Au risque d’être encore prise pour une droguée…) C’est vraiment un phénomène déroutant pour celui qui n’y est pas accoutumé.
Djibouti n’est pas producteur de khat, il l’importe donc de Dire Dawa, une ville qui se situe à l’est de l’Ethiopie, à une demi-heure d’Harar, où habitait Rimbaud. Chaque jour, c’est le même spectacle qui se répète, même les jours fériés.
Un avion arrive entre midi et midi trente de Dire Dawa quelques soit le temps, les rapports diplomatiques entre les deux pays ou même l’état de la production du khat. Commence alors une véritable course contre la montre à laquelle participent presque tous les habitants du pays. Un camion, escorté par la police, vient prendre la cargaison et l’amène dans un entrepôt en centre ville. A l’entrepôt, c’est comme à la criée, il faut se saisir du meilleur khat au meilleur prix en un temps record.
La pression vient de deux facteurs : l’addiction de la population et l’importance accordée à la fraîcheur du khat. Une fois vendue, la marchandise fonce dans un tas de petits camions, taxis, vélos, vraiment tout ce qui roule. Simultanément, vers 12h30, la population de la capitale, hystérique, se dirige comme un seul homme vers la station de bus où arrive la cargaison qu’ils achètent quelque soit le prix avant de rentrer chez eux pour khater de 14 à 16 heures.
Apres ce mouvement de foule surexcité, le calme se fait. Quand je parle de calme, cela équivaudrait à Paris à 4h du mat’ en semaine. La ville entière, les petites impasses, les grandes artères, tout, est fermé, vide, mort, comme lorsque Lucky Luke entre dans une ville fantôme du far west.
C’est étrange, pas très rassurant, surréel, excitant, époustouflant ; une telle coordination de foule… Ca épaterait sûrement certains syndicats étudiants…
Ce qu’on ne voit pas, ce sont les bateaux qui partent à pleine vitesse vers Tadjoura et Obock (deuxième et troisième villes du pays) pour déposé le khat en moins de deux heures à des camions qui eux-mêmes l’envoient dans la campagne.
Quand on pense qu’un voyageur a besoin d’au moins quatre heures pour se rendre à Tadjoura et d’une journée pour Obock…
Voila, c’est un spectacle à ne pas manquer et qu’on ne peut manquer de toute façon. J’espère d’ailleurs y retourner un de ces quatre.
A part ça tout va bien, la fac, le boulot…
Même en Afrique on peut tomber dans la routine…
Mots-clefs : Add new tag, addis-abeba, afrique, aventure., carnets de voyage., ethiopie, expérience
12 avril 2008 à 22:19 |
Salut Gabrielle, j’espèree que cette fois ça va marcher – je m’y perds avec mes mots de passe !!!
Bref, je disais qu’on devrait t’interdire de sortir sans appareil photo, car tes mots et tes descriptions donnent envie de voir tout ce que tu vois. Et si c’est aussi coloré que ton couple Caro, surtout n’hésite pas.
Et puis, ce que tu appelles routine à Addis n’est peut-être pas de la routine pour nous : j’imagine que tu ne vas pas à la fac en métro, mais que tu as un zèbre comme tout le monde ? J’attends la suite. Bon courage et plein de bises !